Nous sommes aujourd’hui à plus de huit mois de l’élection présidentielle, ce qui représente une période encore très éloignée du scrutin final. Il serait donc particulièrement prétentieux et hasardeux de vouloir prédire quoi que ce soit en termes de tendances politiques, d’autant plus que nous ne savons pas encore précisément quels candidats se présenteront au premier tour. L’incertitude reste donc grande quant à la composition exacte du paysage électoral.

Ce débat diffusé sur LCI lors de la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF), qui s’est tenue à la fin du mois d’août dernier, et que je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de suivre jusqu’à son terme, m’a néanmoins offert matière à trois réflexions peut être importantes, je les espère profondes et pourquoi pas intéressantes.

  • Aucun des deux extrêmes, qu’ils soient représentés par Marine LE PEN ou Jean-Luc MÉLENCHON, ne remportera cette élection à lui seul. Bien que la fusion entre le Rassemblement National (RN) et Les Républicains (LR) soit envisageable, et même considérée par une grande partie des électeurs de droite, un « front républicain » éliminera pour ce scrutin le candidat LFI.
  • J’exclus la réussite d’Edouard PHILIPPE, peut-être un peu rapidement, en raison de l’orientation nettement droitière qu’il semble adopter à travers les dernières propositions qu’il met en avant. L’électorat qu’il pourrait essayer de convaincre est déjà largement acquis au Rassemblement National ou à la sensibilité de droite représentée notamment par Monsieur RETAILLAU, et cela ne constitue pas une majorité suffisante pour asseoir une réelle victoire.
  • Il reste donc trois personnalités majeures dans ce débat à Rolland GARROS, dont les électorats respectifs pourraient constituer ensemble la force solide et unie que j’appelle de mes vœux, une force clairement Sociale démocrate. Pris individuellement, ni Gabriel ATTAL, ni Raphaël GLUCKSMANN, ni Marine TONDELIER ne peuvent raisonnablement espérer emporter la mise de manière décisive. Chacun de leurs partisans trouvera sans doute toujours une bonne occasion de critiquer ou de se départir des deux autres, et pourtant, face aux nombreux enjeux importants à venir, il serait vraiment souhaitable de faire preuve d’un peu plus de retenue et de prudence dans les jugements.

Quelques exemples :

  • Logement : Un nombre de plus en plus croissant de salariés ainsi que de retraités qui vivent en location constatent que la part de leur revenu qu’ils doivent consacrer à leur logement ne cesse d’augmenter. Cette hausse tend à se faire au détriment d’autres dépenses que beaucoup considèrent comme essentielles pour leur bien-être et leur qualité de vie. En dehors du secteur du logement public, cette charge financière est encore renforcée par la présence des personnes propriétaires de leur habitation, qui exigent un rendement locatif élevé. Ces propriétaires cherchent ainsi à se constituer un patrimoine immobilier plus important, ce qui contribue à faire grimper le coût global du logement pour les locataires.
  • Patrimoine naturel : L’une des plus grandes richesses de notre patrimoine réside sans aucun doute dans la diversité exceptionnelle et la qualité remarquable de nos paysages. Ces terroirs, véritables trésors, sont également célèbres pour la qualité supérieure de leurs produits, qui proviennent souvent du travail minutieux de petites structures agricoles familiales. Ces exploitations ne se contentent pas seulement de produire des denrées d’exception, elles jouent aussi un rôle essentiel dans l’entretien et la préservation de ce patrimoine naturel unique. Pourtant, malgré leur importance capitale, beaucoup de ces petites exploitations agricoles rencontrent d’importantes difficultés financières et peinent à assurer la transmission du fruit d’une vie entière de travail et de dévouement.
  • Aménagement du Territoire : Le projet d’aménagement de la nationale N154 ( déjà en partie en 2X2 voies sous financement public) en projet d’autoroute sous concessions est symptomatique d’un état d’esprit que l’on pourrait qualifié d’hors sol. Bien entendu, la concession évite, dans un 1er temps, aux collectivité ou à l’état le financement du projet. Un politique en quête de grands travaux, une entreprise de travaux public à la recherche de projets d’envergure, un banquier ne prenant aucun risque financier. Pas de financement public, sauf si appuyé sur un partenariat Public Privé (PPP), mais un péage que je qualifierai d’impôt déguisé. Après l’autoroute A69 reliant Toulouse à Castres réalisé dans la douleur, l’aéroport de Notre Dame des Landes abandonnée, le doublement de la ligne TGV Paris Lyon par Clermont et Bourges aux oubliettes. Aux dépends sûrement de grands projets tel que le Grand Paris, Le temps est donc venu de ne plus oublier le quotidien des territoires.


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