Ce sujet serait aujourd’hui considéré comme tabou, politiquement incorrect et pourrait même être susceptible d’attaques judiciaires. Bien entendu, il est formellement exclu d’établir le moindre lien entre la montée inquiétante de l’antisémitisme et le contexte tragique et génocidaire qui prévaut actuellement à Gaza, en Cisjordanie, à Jérusalem Est ainsi qu’au Liban.
Personnellement, je ne parviens absolument pas à comprendre l’antisémitisme, ce phénomène qui me semble à la fois incompréhensible et profondément injuste. Je ne le nie aucunement, bien au contraire, je le condamne fermement, sans aucune forme d’ambiguïté ni réserve. Je m’interroge très souvent, et avec une réelle préoccupation, sur les causes profondes, historiques et psychologiques, ainsi que sur l’imaginaire collectif qui, au fil des siècles, ont réussi à mobiliser une grande partie de la population mondiale, quelles que soient leurs origines ou leurs cultures, à participer à toutes sortes d’actions, qu’elles soient verbales ou concrètes, allant même jusqu’à provoquer des événements tragiques et dramatiques comme la Shoah survenue durant la Seconde Guerre mondiale.
Bien avant ce terrible conflit mondial, certains gouvernements, notamment britanniques, avaient soutenu et appuyé l’établissement d’un foyer national juif en Palestine. En 1948, la partition de la Palestine et la création officielle d’un État juif ont entraîné de facto un exode massif des populations arabes qui vivaient sur ce territoire nouvellement constitué. Malgré plusieurs tentatives répétées, sincères et souvent courageuses, d’apaisement et de négociation, il demeure malheureusement très difficile d’être véritablement optimiste quant à une évolution pacifique et durable de cette situation complexe, douloureuse et profondément enracinée dans l’histoire.
Le 7 octobre 2023, un acte odieux, scandaleusement condamnable, est venu bouleverser de manière significative non seulement le processus de rapprochement entre Israël et certains pays arabes, mais également la ferme intention affichée d’étendre et d’annexer des territoires palestiniens. Cet événement tragique a profondément perturbé les efforts diplomatiques en cours et fragilisé les perspectives de paix dans la région.
Comme les tragédies du 11 septembre 2001, du 13 novembre 2015, du 7 octobre 2023 et l’incendie du Reichstag en 1933, ces événements dramatiques instaurent au sein des communautés une atmosphère d’effroi profond et de sidération intense. Cette situation exceptionnelle offre aux autorités et aux contre-pouvoirs l’opportunité d’agir de manière extraordinaire, souvent au-delà des attentes légitimes des populations profondément touchées.
Alors que le gouvernement français, sous la présidence de François Hollande, a su résister à toute tentation d’excès en prônant la mesure et l’unité nationale, les événements du 11 septembre et du 7 octobre ont, en revanche, déclenché des réactions disproportionnées des pouvoirs en place. Ces réponses ont dépassé le cadre des simples manipulations étatiques, entraînant des dérives majeures, notamment en Irak, en Palestine et au Liban, avec des conséquences lourdes et durables.
En se gardant bien de tout amalgame, si l’antisémitisme doit donc être condamné de façon ferme et claire, l’expansion continue des colonies juives en Cisjordanie et à Jérusalem, ainsi que la destruction méthodique et systématique de Gaza et désormais du Sud Liban, soutenues sans faille par les États-Unis et l’administration de Donald Trump, doivent être aussi condamnées comme des actes de génocide et des formes d’apartheid.


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